ASSOCIATION « ARJAU Voile et Tradition » CERBERE, juillet 2009
Vocabulaire : nous appelons
« barque catalane » enbarcation de 45 à 55 pams, pontée.
« midges barques » : de 20 à 25 « pams » de long ( 4 à 5m) demi pontées.
« llaguts » de 20 à 25 « pams » pontées à l’avant sur moins d’un mètre.
« bots » sorte de « llagut » sans capillo à l’avant.
« Périssoires » engin de plage en toile, construit à Portbou ou à Cerbère, très usité ici dans les années 50/60.
Inventaire :
En 1989 nous avions recensé plus de 20 embarcations de ce type. Aujourd’hui il n’en reste plus que 12 dont 2 nécessitent des travaux importants (Al Christ, Trip y trop), 2 doivent recevoir
quelques soins avant mise l’eau (Llevantina, Nanarde), une est en restauration avancée (Jo-ell) et 7 naviguent encore (Paret, Denis, Colibri, Pet y Fum, Orada, Tramontana, Canadells) .
D’autre part trois pointus « autres » séjournent ici, dont deux équipés du gréement latin.
Toutes ces embarcations sont en bois, certaines sont plastifiées.
Le « PORTHOS » bateau amiral de l’association dont elle est propriétaire, vient d’être classé d’intérêt patrimonial, il va subir d’importants travaux jusqu’en mai 2010.
Enfin il resterait six périssoires à découvrir dans notre cité.

L’association ARJAU élabore un inventaire détaillé de cette flotte, avec par barque, outre les caractéristiques techniques, une vidéo, quelques photos et les anecdotes marquantes..
Comme nous nous y sommes engagé en réunion « Parc naturel Marin » à Port-vendres, Les quarante membres que compte notre modeste association ont également été sollicités pour prolonger le
recueil des témoignages marins commencé en 1989, le compléter par les recettes culinaires, les noms des poissons employés ici, l’utilisation, les engins de pêche (la baleine de parapluie !),
la toponymie et son étymologie et autres « segnes » et enfin l’histoire de la natation, un gros chapitre pour un si petit village.
Ces travaux sont en cours.
Pêche coutumière et barques catalanes à Cerbère :

La conservation de ces barques n’a pu se faire au fil des ans que parce qu’elles sont adaptées (quilles et fausses quilles permettent de les hisser sur la plage quand le port à flot est déposé de
septembre à mai) et aussi par leur utilité dans les activités de pêche et loisir.
En effet, ce n’est pas la beauté incontestable de leurs lignes ni l’amour sincère de leur propriétaire pour leur barque qui ont permis leur conservation jusqu’à aujourd’hui.
En fait c’est leur parfaite adaptation à la mer d’ici qui en a fait un outil excellent pour la pêche professionnelle et aussi pour celle familiale, traditionnelle, pratiquée souvent par un
plaisancier autochtone.
C’est aussi pourquoi cette pêche réglementée doit continuer à exister car c’est elle qui relie les hommes, « leur » mer et ces barques.
Ramasser des moules, des oursins, des coquillages, dans le respect des règles, c’est une tradition.
Pêcher au palangre (2 fois 30 hameçons), à la nasse (2 par barque), pêche à la traîne, à la palangrotte, à la « putère » sont autant de liens entre les hommes, la barque et la mer.
Modifier la réglementation faisant atteinte à ces usages, ferait perdre tout intérêt de ces marins pour la mer, pour ces barques.
Les prélèvements de ces pêches d’amateurs sont effectués par des gens sensibilisés à la défense de la mer parce qu’ils vivent sur place, à l’année.
Ces pratiques doivent être encouragées dans un Parc Naturel Marin si l’on veut que les gens du pays n’en soient pas exclus; elles constituent aussi un support et un point d'entrée en terme
d'éducation pour les enfants.
Les protections qui s’avèreraient nécessaires pour certaines espèces doivent logiquement s’appliquer à tous. Stigmatiser une catégorie, comme cela a été le cas bien des fois auparavant (réserve
Cerbère / Banyuls), ne fait que discréditer les mesures prises.
Sans aucune prétention scientifique, nous pensons connaître par notre pratique de la mer d’ici, l’évolution de certaines espèces de poissons. C’est pourquoi nous acceptons avec empressement de
contribuer aux réflexions et à la gestion du Parc Naturel Marin.